Analyse économique |
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Au
: 12 août 2004 |
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informations ci-dessous vous sont destinées si vous
avez une bonne connaissance de la finance et que vous
souhaitez approfondir votre analyse. Elles apportent
un éclairage plus spécialisé dans le domaine des taux
d'intérêt. |
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LES
TENDANCES :
Après une très forte croissance économique
au premier trimestre 2004 (4,20 %) le dernier chiffre publié
pour le deuxième trimestre 2004 (3,0 % au lieu des
4,0 % attendus) a montré que la situation économique
n’était pas aussi favorable que l’on prévoyait.
Les prévisions restent très positives pour l’ensemble
de l’année 2004 (sans doute 4,00 %) mais les
signes d’inquiétude existent et sont plus sensibles
qu’il y a quelques semaines. On rappellera que la tendance
reste favorable puisque sur l'ensemble de l'année 2003
la croissance se montait à 3,1 %, elle se montait à
2,20 % en 2002 et à seulement 0,50 % en 2001.
Cette
croissance devrait continuer durant l'année 2005,
la plupart des économistes prévoient une croissance
de plus de 3,50 % sur l'année 2005. Pourtant, malgré
ce contexte économique, la Banque Fédérale
Américaine maintient son taux d'intervention très
bas à 1,50 % (son plus bas niveau depuis 40 ans !)
et ceci impacte directement les taux d'intérêt
à long terme (la différence entre le taux à
10 ans US et le taux à trois mois se maintient à
plus 2,50 %, ce qui est historiquement extrêmement élevé).
La faiblesse des taux d'intérêt actuels est
tout à fait exceptionnelle en phase de reprise économique.
Le taux d'intérêt de la Banque Fédérale
Américaine devrait se monter à 4 % au minimum,
soit 3 % de plus qu'actuellement.
La situation
actuelle des taux d'intérêt s'explique donc principalement
par la politique accommodante adoptée par la Banque Fédérale
Américaine , qui est justifiée par deux facteurs
:
les chiffres du chômage qui se sont avérés
très négatifs pour juillet 2004 après
des chiffres également négatifs en juin 2004
(les derniers chiffres connus pour juillet 2004 sont défavorables
avec seulement 34.000 emplois créés au lieu
des 232.000 attendus, ce qui pourrait à terme influencer
négativement la confiance des ménages),
l'inquiétude
sur l'ampleur des déficits budgétaires et
financiers (la réduction de ces déficits est
inévitable et devra conduire à augmenter les
impôts en 2005 ce qui fragilise les perspectives de
croissance),
les répercussions
de la hausse du prix du pétrole qui a atteint un
niveau record de 44,50 Dollars le baril (au 11 août
2004) en hausse de plus de 50 % depuis début 2004.
Cette hausse a un impact sur la croissance économique
(une réduction estimée à 0,50 %) et
sur l’inflation dont les prévisions pour les
prochains mois sont élevées. La banque Fédérale
Américaine évolue entre deux risques, une
réduction de la croissance qui conduirait à
ralentir la hausse des taux d’intérêt
et un risque de dérapage des prix qui pourrait la
contraindre à augmenter plus rapidement les taux
d’intérêt et inquiéter fortement
les marchés financiers. Dans ce contexte, elle devrait
privilégier une politique monétaire de hausse
progressive et régulière.
Les taux
d'intérêt en Europe sont directement influencés
par les taux américains et restent également
à des niveaux exceptionnellement bas.
Nous pensons
que cette situation devrait se poursuivre au moins jusqu'en
fin d'année 2004 et que la banque fédérale
américaine conservera sa politique actuelle jusqu'en
fin d'année. Certains intervenants évoquent même
une poursuite jusqu'en début d'année 2005.
La
situation actuelle est caractérisée par trois
points essentiels :
la situation économique aux Etats-Unis reste très
favorable, la reprise économique, dont on craignait,
pendant la fin de l'année 2003, qu'elle ne s'essouffle,
se confirme. Poussée par une politique monétaire
et budgétaire très dynamique, la consommation
des ménages continue actuellement de soutenir l'économie
et les résultats des entreprises s'améliorent
considérablement, ce qui relance également
les investissements.
En Europe,
par contre, la croissance reste très faible, elle
se montait à moins de 1 % en 2003 (0,7 % en France
seulement) et les perspectives pour 2004 montrent seulement
une amélioration beaucoup mois forte qu'aux Etats-Unis
(environ 1,80 % dans les scénarios optimistes).
le
manque de visibilité sur le niveau d'emploi aux Etats-Unis,
et son impact sur la confiance des ménages perturbe
les marchés financiers qui n'arrivent pas à
expliquer pourquoi le cycle de reprise économique
ne s'accompagne pas de création d'emplois. Même
si les prévisions de croissance sont positives, un
facteur de risque important subsiste. Les investisseurs
restent inquiets et ont transféré massivement
leurs investissements vers les marchés obligataires,
ce qui fait baisser les taux d'intérêt.
la crise boursière actuelle que personne
n'avait anticipée et son ampleur reste largement
inexplicable. Elle oriente massivement les investisseurs
vers les marchés obligataires et contribue fortement
à la baisse des taux d'intérêt. C'est
une crise de confiance majeure qui n'a pas de précédent
historique. Il est donc particulièrement difficile
d'en prévoir l'issue. Le rebond boursier de l'année
2003 (16 % de hausse sur l'année 2003) ne se confirme
pas. On rappellera que le niveau actuel de la Bourse (au
11 août 2004) devient inférieur à son
niveau de début d’année 2004 (- 1,60
%), il est également inférieur de 25,20 %
à son niveau de début d'année 2002
(il y a deux ans) et de 48,60 % inférieur à
son niveau le plus haut du 1 septembre 2000 (il y a quatre
ans).
Sur le
plan des indices économique, les principaux indicateurs
publiés aux Etats-Unis (au 10 août 2004) montrent
une situation contrastée :
La croissance économique américaine
est très nettement positive,toutefois les
marchés financiers sont inquiets sur le niveau de
certains indices (confiance des acheteurs industriels).
la confiance des ménages, qui s’était
fortement améliorée en juin 2004, s'est à
nouveau améliorée en juillet. L'indice se
situe actuellement à 106.1 contre 102.8 en juin.
La confiance des ménages retrouve ainsi son niveau
de juin 2002. Les consommateurs s'attendent à une
amélioration de leur situation financière
et à un niveau de création d'emplois plus
élevé. La baisse des prix du pétrole
après la très forte hausse de mai 2004 a certainement
eu un effet favorable sur cette perception.
les données du chômage en juillet 2004
montrent que l'économie américaine
tarde à créer de manière durable des
emplois. Après trois excellents mois consécutifs
(mars, avril et mai à plus de 220.000 emplois créés)
et des chiffres de juin 2004 très décevants,
les chiffres de juillet 2004 sont extrêmement mauvais
et ils montrent que la tendance n'est pas aussi solide que
ce que l'on pouvait espérer. Le taux de chômage
a fortement baissé (il est passé de 5,9 %
à 5,6 %) mais ceci est inférieur aux chiffres
attendus en phase de reprise économique. Après
être fortement monté pour atteindre 6,40 %
en juin 2003, le taux de chômage aux Etats-Unis se
situe maintenant à 5,60 %, mais on rappellera qu'il
reste très supérieur à celui connu
pendant les autres phases de reprise économique,
4 % seulement en 1999 et 2000,
les
résultats des entreprises américaines sont
extrêmement positifs,la croissance des profits
des entreprises américaines est la plus élevée
depuis 30 ans, les entreprises américaines font preuve
d'une forte capacité d'adaptation au contexte économique,
Compte
tenu de ce contexte, nous privilégions un scénario
d'évolution des taux d'intérêt en trois
étapes :
légère hausse jusqu'en fin d'année
2004 environ, les taux resteraient globalement à
un niveau extrêmement bas jusqu'à cette date.
reprise
durant l'année 2005, ceci nous paraît
cohérent avec les indicateurs économiques
fondamentaux et la nécessité d'attendre un
retour durable à la confiance dans les marchés
boursiers. Les taux fixes à long terme devraient
ainsi augmenter progressivement pour atteindre 4,90 % en
juin 2005 (+ 0,60 %) puis 5,10 % environ en fin d’année
2005. Ils retrouveront ainsi des niveaux proches de leur
moyenne historique.
retour à une situation proche des moyennes historiques
en fin d'année 2005. Lorsque le nouveau
cycle de croissance sera stabilisé, on peut s'attendre
à ce que les taux d'intérêt se rapprochent
des moyennes historiques. Le taux à long terme reviendra
alors aux environs de 5,30 % (+ 1,30 % par rapport à
son niveau actuel) et le taux court terme à trois
mois vers 3,40 % (+ 1,30 % par rapport à son niveau
actuel).
Sur le
plus long terme, nous traversons une période économique
qui n'a pas d'équivalent historique ( création
d'emplois insuffisante malgré une très forte
croissance économique, plus bas niveau de taux depuis
40 ans, crise boursière d'une durée de plus
de 4 ans) et il est particulièrement difficile de faire
des prévisions.
Toutefois, la plupart des spécialistes estiment qu'il
s'agit d'un cycle économique et que nous devrions retrouver
des indicateurs financiers (marchés boursiers, taux
d'intérêt, croissance) plus proches des moyennes
historiques vers la fin de l'année 2005. Dans le courant
de l'année 2006, les taux d'intérêt devraient
donc se situer à un niveau supérieur d'environ
1,50 % à leur niveau actuel (taux à 3 mois 3,50
%, taux à 10 ans, 5,50 %).
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